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Bonjour a tous,
Quelques nouvelles d’Ultima Cordillera et de Christian Clot :
Le debarquement depuis le bateau Punta Arenas Puerto Williams a ete un peu complique : Repousser une premiere fois en raison de l’etat de la mer, le second passage a ete le bon. Le canal Beagle etait a nouveau passablement agite, mais j’ai tout de meme prit la decision de debarquer cette fois-ci. Avec mon zodiac, moteur equipement et moi, le poids de plus de 400 kilos rendait finalement l’embarcation assez stable pour naviguer sur la distance relativement courte dans le canal, avant d’enter dans la Bahia Espagna, mieux protegee et donc plus tranquille. Il faisait alors deja nuit, mais les reperages photos et releve GPS ont bien joue leurs roles, et j’ai assez facilemebt trouve une premiere plage pour la nuit.
Le temps s’est calme quelques instants, et j’ai eu l’espace d’un instant la vision fugitive des montagnes imposantes qui m’entouraient... J’etais bien de retour en Cordillera Darwin... certe trempes a l’eau de mer, mais en montagne tout de meme.
Je me trouvais en ce point a 11 kilometres en ligne droite et un peu plus de 17 kilometres avec les meandres du fond du fjord ou se trouve l’unique point de debarquement permettant, grace a un decrochement dans les parois verticales, de monter vers le centre des montagnes.
Une distance que je me suis empresse des le lendemain de chercher a parcourir. Sans succes. Des le troisieme kilometres, je me suis trouve face a des glaces flottantes plus ou moins grosse, mais de plus en plus nombreuses, jusqu’a remplir totalement la baie apres un coude, a un peu plus de 5 kilometres de la destination finale... Une couchde de glaces flottantes compact, impenetrable en zodiac et trop disociee neanmoins pour pouvoir y marcher. Une frontiere a priori infranchissable.
Les jours suivants, je me suis employe a la franchir neanmoins, esperant que les tempetes de la nuit et le courant pouvait a certain moment ouvrir des breches dans le tapis glaciaire, je suis retourner voir chaque jour, prenant le risque au’un morceau de glace de frappe et ne rompe l’helice. J’ai tente de fabriquer un chasse glace a l’image de nos chasses neige, avec du bois a l’avant du bateau. Mais je n’ai reussit qu’a avancer de 100 metres de plus. Frustrant tout de meme, je ne sais pas a quoi j’avais cru, mais j’ai ete tres dessus de ma splendide construction que de depit (et aussi parce qu’elle ne me servait en fait a rien) j’ai laisse sur place.
Ais-je trop forcer sur le moteur lors de cette tentative ? toujours est-il qu’il a fini par serré... et donc ne plus fonctionner, dans un moment assez mauvais alors que le vents et la tempete setait leve qui aurait pu mal se terminer.... Mais qui m’a juste vu revenir fatigue apres pas mal d’heure de rame dans des conditions severes de mer.
Moteur irreparable et brasd fatigue (sic) je perdais de meme mon seul moyen de me rechapper de la baie en cas de probleme... ou betement pour rentrer, puisque je devais absolument rejoindre le centre du Beagle pour etre prit au passage. Apres consultation par telephone satellite, pas question que le bateau envoie une annexe me chercher. Logique au vu des hauts fond de l’entree, qui peuvent etre dangereux.
Bateau inutile, j’ai lance plusieurs reconnaissance terrestre pour tenter de parcourir par le fil de crete au dessus de la baie la distance me separant de... mon point de depart d’expedition (si tant est qu’elle n’avait pas encore debute). Mais comme je le savais avant meme d’aller voir, cette option n’etait pas envisageable, dans un terrain fracasses, aux nombreuses parois rocheuse ou glaciaire representant parfois plusieurs centaines de metres pour la plus importante. Peut-etre franchissable, mais cela aurait represente une expedition de plusieurs semaines, mois, en soit, en me demandant l’ensemble de mon energie et de ma nourriture... pour n’avancer que jusqu’au fond du fjord. Un objectif bien eloigne de mon but premier, en soit inutil.
J’ai donc prit la decision d’abandonner provisoirement l’acces aux montagnes par cette baie et de me rabattre sur un autre acces, sans doute a nouveau par le Nord, par un fjord que je connais mieux : J’en sais les difficultes, mais aussi les avantages. Aussi j’ai decide de retourner a Punta Arenas, soigner mon materiel qui q souffert tant du mauvais temps que de l’eau de mer, et un peu moi en meme temps.
Restait le probleme du moteur et de sortir de la baie avec le zodiac charge. Sans pouvoir demander d’autorisation officiel, j’ai donc decide d’aider un peu le bateau a etre oblige de me recuperer.... Le jour dit du passage du bateau, je me suis sortit de la baie a la rame pour me laisser deriver dans le canal et ses trois noeuds de courant. Une fois la barque en vue, il m’a suffit de les appeler a l’aide d’une fusee pour voir la tranche arriere du bateau s’ouvrir pour me recuperer... et sans meme avoir besoin de devier de route. Une chance pour eux comme pour moi. Je precise neanmois que les marins de cette embarcation sont des gens adorables et qu’ils etaient tres heureux de me recuperer. J’ai ete soigne comme un roi durant les deux jours de mer avec eux....
Me voila provisoirement donc a nouveau a Punta Arenas, jusqu’au debut environ de la semaine prochaine, ou je repartirai a la poursuite de cette objectif illusoire mais si important pour moi, connaitre ces montagnes dans leurs parties les plus secretes. Je sais qu’il me manque une partie de materiel pour cette acces imprevu, mais les programmes sont faits pour etre change. Je ne cesse de me dire que la chance peut tourne, et que le terrain, les montagnes, cette fois, me laisseront un espace de vie, une trouee dans leurs tempetes... Je ne pourrai que voir sur place, et c’est le merveilleux des expeditions.
Je sais deja cependant que,
cette fois, au bout de cette expedition et quoi qu’en soit le resultat, j’aurai termine ma quete, et que je ne reviendrai plus ensuite en Cordillera Darwin. Ce sera mes ultimes pas sur les glaciers de ces lieux. Et cela me donne une force et une serenite que je n’ai peut etre encore jamais connu ici.
Alors quelque jours de vie, de monde et de musique, pas mal de travail pour tout remettre en etat... et a nouveau la joie de monter sur un bateau, de repartir..... Partir, assurement pour mieux revenir. Comme toujours.
A bientot, je vous tiendrai au courant de mon depart en debut de semaine prochaine,
Christian
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