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Ils ont parlé de l'expédition
Ultima Cordillera
tvmountain.com
du 26 décembre 2003 au 15 février 2004:
suivi d'expé, vidéo et retransmission audiophonique par satellite. www.tvmountain.com
Courrier Picard
du 09 novembre 2003: Article reportage dernière page
Radio Suisse Romande
magazine météo,
samedi 8 novembre à 8h30. www.rsr.ch

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Voici quelques textes et messages écrits envoyés avant et après l'expédition de 2004
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24 janvier 2004 - Chili
Bonjour a tous,
Nous voila de retour de la montagne fuegienne avec un jour d'avance sur l'horaire prevu, tous en bonne sante et sans aucun probleme. Compte tenu des conditions que nous avons eues, nous pouvons dire que tout s'est bien passe.
Comme vous etes nous en sommes persuades, presses de le savoir, nous n'avons pas ete au sommet du Mt Darwin - qui d'ailleurs se nommera desormais le Mt Shipton, mais c'est ici une histoire trop longue a raconter.
Pour resumer, sur 27 jours de trajet, nous n'avons eu que deux jours de temps superbe et 4-5 jours de temps mitige. Le reste du temps, tout le reste du temps, nous avons ete dans les nuages au sens propre du terme, ils etaient a 700m d'altitude voir moins. Cela veut dire humidite enorme, pluie ou neige permanente, vents d'une violence inouie -pour la petite histoire, c'est la premiere fois depuis 10 ans qu'ils doivent fermer le port de Punta Arenas- et aussi, surtout, jour blanc, sans aucune visibilite. Et cela a ete le probleme majeur, dans un terrain inconnu, sans repere et sans carte. Impossible de trouver une voie sans jamais savoir ce qu'il y a derriere ou de cote de la barriere rocheuse devant nous ou de se frayer un passage dans les cascades de glace aux crevasses et seracs labyrinthiques sans voir a 10m. Plus que tout, c'est ce jour blanc quasi permanent qui nous a bloques qui a repousse avec une certaine ferveur et une belle constance -il faut lui laisser cela- nos differentes tentatives. Des conditions plus dures que nous avions pense, malgre tout exceptionnelles ici, et qui nous ont durement eprouves.
Alors echec?....
Si l'on s'en tient aux objectifs prevus et si seul atteindre la cime prevaut en montagne, alors oui, incontestablement.
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Mais nous ne croyons pas qu'une expedition comme celle la s'arrete a cela. Tout d'abord parce que nous l'avons tentee, et que poser le pied dans cette cordillere oubliee a deja ete une reussite. Ensuite parce que nous sommes parvenu sur le glacier Marinelli, que moins de cinq expeditions avant nous avaient atteint. Enfin, si l'objectif du sommet n'a pas ete atteint, celui de l'exploration, de la recherche d'itineraire et l'apprentisage d'un milieu exceptionnel a lui ete pleinement realise. C'est quelque chose de tres fort de n'avoir aucune idee des endroits ou passer, de ce que l'on va trouver en realite, qui nous a fait comprendre beaucoup de choses sur ce qu'on pu vivre les explorateurs d'antan dont nos livres d'histoire racontent avec si peu de passion les difficultes.
Nous avons appris a connaitre cette chaine de montagne qui ne s'offre pas ainsi a qui veut, a mieux lire un terrain torture et aussi, il faut bien le dire, a endurer l'attente a trois dans une tente de 2m sur 2m durant trop longtemps.
Alors finalement...
malgre ces conditions dures, nous avons aime ces lieux qui, lorsque le soleil perce, deviennent irreels, emouvants, au point que les mots nous manquent pour les decrire.
Pour tout cela, et parce que nous avons aussi su renoncer devant des dangers objectifs devenus trop grands et inutiles, nous avons l'impression d'avoir reussi une majeure partie de cette expedition.
Et puis, ce qu'il y a de bien lorsque les objectifs ne sont pas pleinement atteints, c'est que l'on a une bonne raison de recommencer....
Nous vous recontacterons bien entendu tous a notre retour pour discuter des suites a donner a tout cela, et merci pour votre aide qui nous a ete precieuse dans ces montagnes.
Nous esperons que, malgre les problemes de demarrage, certains d'entre vous ont pu suivre nos tribulations sur TVmountain.com qui a mis en ligne une video et 2 messages via satellites et va continuer a faire le suivi de notre retour.
Nous sommes deja bientot en France, a bientot !
Pour Ultima Cordillera - Christian Clot
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24 décembre 2003 - Chili
24 decembre, 20h ou 24 h pour vous tous....
Joyeux Noel.
Le notre se passera sur un bateau. Nous larguons les amarres demain vers 8h heure locale pour ce voyage que nous preparons depuis des mois, vers un lieu qui a conduit nos imaginaires depuis bien plus de temps.
Nos equipements sont arrives, notre ami Raphael aussi cet apres midi et tout est reuni pour que cette expedition se passe au mieux.
Tout a une fin, et nous allons quitter Punta Arenas apres bien des jours ou le soleil s'est fait attendre. Mais le soleil qu'il n'y a pas ici, les gens l'ont dans leur coeur, et nous avons passe de tres bons moments avec les personnes d'ici. Mais une fin n'est toujours qu'un nouveau debut, et nous nous sentons des ailes a l'idee de ce depart. Nous ressentons une allegresse enorme a vivre ces aventures. Rien ne peut priver les gens de leurs imaginaires ni de leur souvenir. Je crois que nous avons beaucoup du premier et ne manquerons pas du deuxieme, quoi qu'il arrive desormais.
Bonne fin d'annee a tous et meilleurs voeux pour 2004,
Merci a tous pour votre soutien
Pour l'équipe d'Ultima Cordillera - Christian CLOT
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19 décembre 2003 - Chili
Bonjour depuis Punta Arenas,
ancienne ville lumière du tourisme en Antarctique qui a perdu son auréole au profit d'Ushuaia.
Nous sommes revenus dans cette ville afin d'assurer les derniers preparatifs avant le grand départ de l'expédition le 25 décembre.
La météo a été terrible ces derniers temps. A Ushuaia, ils n'avaient quasiment jamais vu cela, et que cela soit en Patagonie Chilienne ou Argentine, tous le monde nous parle du "Cambio de Climate": en effet, il a plu quasiment tous les jours durant les 10 jours que nous avons passes a arpenter les terres Fuegiennes. Ciel gris plus que rare pour la region ou normalement les nuages changent sans cesse et ou les pluies, si elles sont frequentes, ne durent qu'un moment, pas toute la journee.
Bon, nous qui voulions nous entrainer a l'humidite de la Cordillera Darwin, c'est reussi! Par contre, pour les images, c'est un peu moins interessant. Mais comme partout, le temps est maitre de ses volontes et nous devons le prendre comme il est. Cela dit, cela risque de rendre nos jolies faces montagneuses tres enneigees, et il va falloir brasser avec nos petites jambes.
Vu le temps sur la Terre de Feu, nous avons finalement fait un saut vers le parc des Torres del Paine un peu au Nord de Punta Arenas au Chili, celebre autant pour leur beaute que pour leurs difficultes d'ascension. C'est l'un des endroits Patagon les plus visites, avec des trekkings officiels qui vont de 1 a 9 jours, tous superbes. Comme on aime bien cela, nous avons plutot pris les chemins detournes, en y voyant ainsi quasiment personne, mais beaucoup d'animaux, oiseaux du paradis aux couleurs chatoyantes et avec un bec demesures, Guanacos en pagaille, sorte de Lamas sauvages epris de liberte, rapaces guettant de leur regard aiguise leur proie qui ne manque pas ici... un peu une arche de Noe terrestre. Quand a la Flore, elle est splendide, avec un nombre de fleurs d'un rouge vif, violet, mauves, jaunes ou blanches, de toutes les formes et tailles impressionnantes. Le carnet de dessin de Karine s'est transforme en herbier et Christian a pu s'essayer a la Macro photographie, dans un climat bien meilleur puisque sur 4 jours dans cette region il n'en a plu que deux.
Vous aller dire que l'on vous parle un peu beaucoup du climat, mais c'est vraiment ici l'un des facteurs principaux, qui regit la vie de chacun et de la moindre activite. Je ne vous raconte pas les problemes corneliens qui se pose aux peintres en batiment par exemple alors qu'il n'est presque pas une journee sans pluie, ou que comme maintenant il pleut sans arret. D'ailleurs, pas une facade n'est reellement peinte regulierement et il y a toujours quelques trainees delavees dessus.
Mais nous, peut etre de plus en plus et c'est un peu fou, nous aimons cette region, et en particulier la Terre de Feu chilienne ou tout respire un air de liberte, ou les animaux ont des espaces presque infinis, ou les chevaux, meme ayant un proprietaire, se baladent joyeusement sans barriere pour les retenir. Il faut les voir galoper en troupeau, souvent avec a leur tete un cheval blanc superbe ou marron clair, fougueux et ou l'on pourrait presque lire un sourire sur leur visage. C'est quelque chose qui empli le coeur d'espoir, qui nous donne a penser que oui, il existe encore de vrai espace de liberte sur un monde ou la pollution semble envahir l'ensemble des pays.
Bon, on va s'arreter la dans nos pensees qui vagabondent parfois trop. Maintenant, un peu de concret, de travail, avant le depart qui justifie les mois de preparations, l'aboutissement d'un reve fait il ya deux ans lorsque, de notre bateau, nous avons decouvert pour la premiere fois les monts enneiges de cette Cordillere oubliee....
A bientot, notre coeur est ici mais nos pensees vont vers vous,
Pour l'équipe d'Ultima Cordillera - Christian CLOT
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03 décembre 2003 - Chili
Bonjour a tous,
Voila, Ultima Cordillera débute vraiment avec notre arrivée a Punta Arenas, après 50 heures de bus. Nous sommes passés des grandes chaleurs de Santiago, au frimas du grand sud, mais quel plaisir de quitter le bus et de nous retrouver si proches de la Terre de Feu.
Maintenant, notre voyage peut enfin commencer, après la course de ces derniers mois. La Cordillera Darwin est toute proche, nous la sentons presque. Nous allons maintenant consacrer les deux semaines qui suivent à finir de nous préparer, faire des images et rencontrer des personnes qui ont un lien fort avec la cordillère autant qu'avec l'histoire de la Terre de Feu.
A Santiago, nous avons déjà rencontre Cedomir Marangunic qui faisait partie, avec Eric Shipton, de l'expédition de 1962 qui a ouvert la première voie du Darwin. Nous se savons pas encore si nous serons la seconde ou la troisième expédition sur ce sommet (le doute subsiste) mais nous allons tacher de suivre leurs traces, en ouvrant une nouvelle voie.
Merci a vous tous d'avoir permis a cette expédition d'exister. Les lumières du Grand Sud sont toujours aussi belles, et nous inspirent les meilleurs sentiments.
Pour l'équipe d'Ultima Cordillera - Christian CLOT
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24 novembre 2003 - France
Ouf...
Une expédition est une aventure merveilleuse, et sa préparation aussi à l'exception des quelques moments de stress qui vont souvent de pair avec les derniers jours (voir semaine ou mois!) précédant le départ. L'équipement pas encore complet à 2 jours du décollage, la tête pleine et tous les oublis qui vont avec, plus assez de temps pour les amis, pour regarder les feuilles mortes embellir les chemins forestiers c'est aussi cela un départ prolongé. Mais qu'importe après tout. Demain, 16 heures, sauf grève des contrôleurs aériens, des pilotes ou autres mouvements de protestions contre le fait que finalement tout va trop bien, nous irons dire bonjour aux étoiles durant quelques heures, ces étoiles qu'à défaut de connaître, restent l'idéal de nos rêves. Alors avant les étoiles, la Cordillera Darwin, parce qu'il nous fallait revoir ce monde oublié avant de passer à autre chose. Nous partons pour voir l'ailleurs, non que le nôtre ne soit pas plaisant, mais parce que celui-là est gravé en nous depuis si longtemps...
Maintenant, tout est possible, même l'échec. Surtout l'échec. Tant de facteurs interviennent dans ce genre de périple que rien n'est acquis. L'échec, si tant est qu'il existe! Parce que l'échec aurait été de ne rien faire, ne rien tenter face à trop de difficultés ou de peur devant l'ampleur à notre niveau- de l'objectif. L'échec, cela aurait été de baisser les bras, de laisser les réalités tuer l'envie, de laisser nos rêves sur le rivage de nos doutes.
Alors disons le dès aujourd'hui, Ultima Cordillera, en partant, a déjà réalisé beaucoup de ses objectifs. Maintenant, ce n'est plus que l'histoire d'un dialogue, celui entre cette cordillère d'un autre monde et nous. Celui qui verra ce lieu nous accepter, nous accueillir ou nous rejeter, plus ou moins durement. Un dialogue sans négociation, avec pour seul interprète le bon sens et l'amour d'un lieu. Mais du dialogue ressort toujours du bon, alors on ne peut qu'espérer!
Cette page ne sera plus mise à jour jusqu'à notre retour, le 30 janvier 2004. A ce moment, l'année sera déjà fermement entamée et les fêtes oubliées dans les arcanes de devoir déjà préparer Noël prochain. on espère alors pouvoir vous offrir une petite pause pour fêter le retour d'Ultima Cordillera! A bientôt!
Pour l'équipe d'Ultima Cordillera - Christian CLOT
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09 novembre 2003 - France
Février 2002, fin de notre périple en Amérique du Sud. Après avoir passé, presque par hasard le Cap Horn à la voile, nous naviguons dans les fjords qui entourent l'ouest de la Terre de Feu, par le canal de Beagle puis de Magellan. Nous découvrons, dévoilés entre les nuages qui s'entrouvrent rarement, de superbes sommets immaculés aux formes complexes mais particulièrement attirantes: La Cordillera Darwin.
Depuis maintenant quelques mois, l'expédition Ultima Cordillera se prépare. Nous n'avons pas pu résister à l'envie d'aller non pas autour, mais à l'intérieur de cette cordillère. Il y a bien des lieux que nous désirons visiter dans notre monde, et nous avons beaucoup hésité à choisir ce projet pour notre prochaine expédition. Retourner deux fois de suite en Terre de Feu n'allait pas dans notre idée d'explorer les différents milieux de la planète. Mais plus nous regardions les cartes pour préparer nos voyages, moins nous parvenions à oublier ces images fugitives de sommets entre les nuages qui, chaque nuit, revenait déchirer nos rêves.
Cela s'est imposé comme une évidence, avant d'aller voir ailleurs, il fallait que l'on complète notre histoire avec cette chaîne de montagne, ultime cordillère des Andes, ultime terre avant, qui sait, l'Antarctique.
Nous ne nous doutions pas qu'au delà de la préparation technique de cette expédition, trouver du financement, le matériel adéquat, les transports pour notre équipement et nous-mêmes, nous allions découvrir de grandes lacunes au niveau historique et des connaissances géographiques de l'endroit. Aussi Karine a-t'elle largement investigué sur l'histoire de la découverte et les explorations de ce lieu. Nous espérons publier un fascicule relatant ces faits, Mais c'est une autre histoire!
Pour l'instant, notre salon est encombré de matériel et nous venons de conclure un premier accord avec le propriétaire d'un bateau à Punta Arenas, pour assurer notre dépose sur les bords de ce lieu encore neuf et, surtout, pour qu'il vienne nous rechercher!
Christian CLOT
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